Mamedy Doucara, le photographe de ces dames

Il y a quelques jours à l’Insep, j’ai rencontré le champion Mamedy Doucara. Souriant, bavard et passionné. Son premier amour ? Le taekwondo. Champion du monde 2001, il est toujours le numéro 1 français de sa catégorie. Mais je ne vais pas vous parler aujourd’hui du sportif, aussi brillant soit-il. Non, je préfère vous parler de l’artiste.
Car Mamédy Doucara est un artiste, un vrai. Il a commencé sa carrière de photographe en 2005, un peu par hasard : «Je me suis fait une rupture des ligaments croisés, ce qui a entraîné plusieurs mois d’indisponibilité. J’avais arrêté mes études, du coup je ne savais pas trop quoi faire de mes journées. J’ai assisté un ami photographe pour le plaisir.  Cela m’a fait découvrir le monde de la photo. J’ai acheté un premier appareil et commencé à faire des photos pour mes proches. Les retours positifs m’ont incité à continuer, puis c’est devenu une vraie passion.”

Mamedy se perfectionne en achetant du matériel, en surfant sur les forums spécialisés, en parfait autodidacte. Jusqu’à ce qu’on lui propose un premier job : réaliser l’affiche des championnats de France de taekwondo en 2007. Pari réussi. Ensuite les missions s’enchaînent, son style plait et cela se sait de bouche à oreille. Il photographiera les plus grands sportifs, notamment pour l’hebdomadaire gratuit Sports. Mais aussi beaucoup de sportives, comme la nageuse Malia Metella :

“J’aime photographier la femme au-delà de l’athlète, de l’uniforme. Le but n’est pas de les transformer, mais de révéler de manière subtile leur féminité, surtout lorsqu’elles pratiquent des sports de combats.”
Ci-dessus, Gwladys Epangue (taekwondo), ci-dessous Myriam Soumaré (athlétisme).
Une manière de travailler que l’on retrouve dans l’exposition “Reflet” présentée sur les grilles de l’Insep jusqu’en juin 2012. On y découvre, entre autres, la double vie de plusieurs championnes. A l’image d’Antoinette Nana Djimou, “heptathlonienne aujourd’hui, styliste demain” (première photo ci-dessous).
Mamedy a tout géré, du décor à la mise en scène en passant par la maîtrise du budget : “Les 32 athlètes ont rempli un questionnaire. Ces éléments m’ont permis de construire les photos en me basant sur comment chacun et chacune se voyaient en dehors de sa vie de sportif. Ils m’ont notamment précisé le lieu où ils rêveraient de s’entraîner en dehors de leur salle habituelle.”
Légende de Mélanie Haag : “Tracer ma voie professionnelle en parallèle de ma carrière est essentielle”

On voit ainsi Gwladys Epangue dans un cirque, Audrey Labeau s’apprêtant à plonger depuis la Tour Eiffel, Hongyan Pi jouant au badminton au théâtre…

Légende: “Prendre de la hauteur dans ma discpline me permet d’aborder la vie avec sérénité”Autant de clichés magnifiques, loin des sentiers battus…

Si comme moi vous êtes tombé sous le charme de ces photographies, vous pouvez les acquérir sur le site Internet de Mamedy Doucara. Ou au moins les admirer en plein air à l’Insep pendant encore quelques mois.

Légende : “Le théâtre tout comme le sport est un spectacle mais dans mon domaine, je reste maître du scénario”

Plus d’infos : www.kelebarapictures.com et www.blogkelebarapictures.com

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