A la rencontre de la surfeuse Pauline Ado

Le rendez-vous n’a pas eu lieu au bord d’une plage du Pays Basque, mais à Paris, dans la boutique Swatch des Champs-Elysées. La marque est l’un des partenaires de Pauline Ado qui était de passage en France pour quelques jours la semaine dernière.

Souriante, drôle et franche, la surfeuse, âgée seulement de 21 ans, partage sa passion avec un enthousiasme communicatif. Moi qui ne me suis jamais frottée à une planche de surf, je tenterais bien l’aventure… « On a des sensations très rapidement, m’assure Pauline. Par contre, je conseille de prendre des cours, cela permet d’être plus rapidement autonome en acquérant une bonne technique. Il faut faire preuve de persévérance, être toujours à l’affût et développer un bon sens marin pour trouver les bonnes vagues ! »

Originaire de Bayonne, cette surdouée du sport a grandi à Hendaye et a découvert le surf à l’âge de huit ans. Elle remporte ses premières compétitions quelques années plus tard et intègre l’équipe de France junior à 13 ans.

Cela paie puisqu’elle décroche en 2006, à l’âge de 15 ans, son premier titre de championne du monde Junior, donnant ainsi à la France son premier titre mondial en surf. Avant d’en décrocher un deuxième en 2009. « J’ai commencé à voyager dès le collège, se souvient-elle. C’était une vie de rêve pour moi ! J’ai ensuite intégré le Pôle France  pour le lycée, avant de faire ma Terminale par correspondance. J’ai commencé des études supérieures de LEA, mais c’était trop compliqué à gérer. Je me consacre donc désormais à 100% au surf. J’ai une à deux séances d’entraînement dans l’eau par jour, avec en plus de la préparation physique, c’est indispensable surtout en amont des compétitions. » Professionnelle, Pauline touche de l’argent de ses sponsors, parmi lesquels Ripcurl ou encore Swatch, et lors des tournois, selon ses résultats.

Mais les écarts de revenus avec les surfeurs sont très importants : « Le plus gros price money pour un tournoi féminin est de 15 000 euros sur le World Tour*, il s’élève à 75 000 euros chez les hommes ! Sur le circuit qualificatif WQS, sorte de deuxième division, seules les finalistes des tournois touchent de l’argent, les autres ne rentrent pas dans leur frais. D’où l’importance des sponsors. Dans le milieu du surf, et plus généralement du sport féminin, il faut entrer dans un moule marketing pour attirer les médias et les sponsors, les bons résultats ne suffisent pas. Il faut être féminine, cela fait partie du jeu et du boulot. On a encore du mal à être considérées comme des athlètes à part entière comme les hommes, l’apparence physique tient une place plus importante chez les filles. »

Après avoir terminé 9ème du classement final en 2011, alors qu’elle était la seule Européenne en lice, Pauline enchaîne les contre-performances pour sa deuxième saison au sein de l’élite. Au point de jouer son maintien dans le World Tour lors des dernières compétitions de la saison. « Je ne suis pas satisfaite de mon début de saison, explique-t-elle. Les dernières épreuves sont décisives. Il faut que j’emmagasine des points pour remonter dans le classement. J’ai heureusement de meilleurs résultats sur le circuit WQS. Les prochaines compétitions en France me tiennent particulièrement à cœur, je n’ai pas souvent l’occasion de surfer devant ma famille et mes amis. » Pour la soutenir, rendez-vous à Hossegor du 30 mai au 3 juin et à Biarritz du 10 au 14 juillet.

En attendant, vous pouvez suivre les aventures de Pauline aux quatre coins de la planète sur Facebook et Twitter. La jeune femme, qui est actuellement au Brésil après plusieurs mois en Australie, est une adepte des réseaux sociaux et tient à jour son blog très régulièrement. « Au départ, c’était plus une vitrine pour mes sponsors, admet-elle. Aujourd’hui, c’est une manière de partager mon quotidien de surfeuse. Les gens m’encouragent beaucoup, j’ai une vraie petite communauté avec moi, ça fait plaisir ! »

Plus d’infos : http://paulineado.fr/

Retrouvez Pauline Ado lors du Swatch Girls Pro France du 30 mai au 3 Juin à Hossegor.

* C’est le circuit d’élite, le WCT : il réunit les meilleures mondiales. Le circuit WQS correspond lui à la deuxième division.

Crédit pour les trois dernières photos : Laurent Masurel / Rip Curl

About the Author sportissima

Leave a Comment: