Les femmes dans le sport

L’essor de la boxe chez les femmes

Le beau parcours des Françaises Estelle Mossely et Sarah Ourahmoune aux JO de Rio témoigne du dynamisme de la boxe chez les femmes. La fédération française de boxe (FFB) affiche en effet l’un des taux de féminisation les plus importants ces dernières années. Entre 2001 et 2013, ce taux a ainsi grimpé de près de 10 % (1). Le nombre de licenciées est passé de 1 266 en 1998 à 7 151 en 2011, soit une augmentation de plus de 500 %.

sarah ourahmoune et estelle mossely

Ce bon résultat s’explique notamment par le développement de l’aéroboxe, une pratique mêlant boxe et fitness qui a su attirer un nouveau public féminin. « L’aéroboxe plaît beaucoup, se réjouit Séverine Gosselin, présidente de la commission nationale de boxe féminine (2). On y retrouve tous les bienfaits d’un entraînement de boxe classique, mais sans opposition et donc en toute sécurité. C’est une discipline très complète qui répond bien aux attentes des sportives en quête de nouveauté. »

Mais ce n’est pas tout. Pour la deuxième année consécutive, la FFB a organisé le « Lady Boxing Tour », une compétition par étapes à laquelle peuvent participer toutes les femmes, peu importe leur niveau. « C’est l’occasion pour les femmes qui s’adonnent à la boxe en amateur, par plaisir, de se lancer un nouveau challenge, l’occasion aussi de vivre une nouvelle expérience humaine et sportive, de repousser ses limites et de goûter à l’adrénaline d’un combat », précise Séverine Gosselin (2). Une initiative intéressante, même si l’affiche n’est pas des plus judicieuses (à quand une campagne promotionnelle sans chaussures à talons, promis on comprendra quand même que la compétition s’adresse aux femmes et que l’on peut boxer tout en restant féminine !).

Lady boxing tour

Au niveau des clubs, aussi, les choses bougent pour inciter les femmes à prendre les gants. « Quand j’ai voulu développer la pratique féminine dans le club où j’étais moniteur dans les années 90, on m’a ri au nez, se souvient Simon Benhamou, aujourd’hui coach et manager de l’ASBF Marsoulan Boxing Club, implanté dans le 12e arrondissement de la capitale et lauréat du trophée « Femmes en sport » en 2015 (2). J’ai repris la gestion d’un club en fin de vie en 2005 en mettant l’accent sur la mixité. Je n’ai pas mis en place de sections féminines, mais j’ai fait une grosse campagne de communication pour que les femmes franchissent le seuil de la porte. Ensuite, c’est le bouche-à-oreille qui a pris le relais. Les femmes représentent désormais 50 % de mes effectifs et mon club est le 2e plus gros club parisien. Un joli pied de nez à ceux qui se moquaient de moi, eux doivent avoir un nombre de licenciés qui stagnent ! Et n’allez pas croire que les femmes viennent seulement pour le bien-être, elles recherchent aussi le combat. » À Aubervilliers, la championne Sarah Ourahmoune propose une garderie pendant le cours de boxe réservé aux femmes qu’elle anime : « Sans cela, certaines ne pourraient pas venir du tout. Moi j’emmène ma fille à mes entraînements depuis qu’elle est toute petite, et ça l’amuse beaucoup ! ».

En ce qui concerne le haut niveau, la donne a changé lors de la dernière olympiade. On se souvient qu’aucune Française n’avait réussi à se qualifier pour les JO de Londres, alors que la boxe faisait son entrée au programme féminin. « J’ai pu constater un vrai changement entre 2012 et 2016, confirme Sarah Ourahmoune. Nos conditions de préparation ont été meilleures, notamment au niveau de la prise en charge médicale et du nombre de stages organisés. Nous avons aussi eu une plus grande diversité de partenaires lors de nos entraînements. Le DTN adjoint s’est également battu pour que nous gagnions des sommes identiques à celles des garçons. Les montants mensuels varient de 300 à 800 euros pour les plus titrés. La prime au combat gagné est de 60 euros pour tout le monde. »

Les boxeuses sont enfin sorties de l’ombre, notamment grâce à Internet. « Outre l’intérêt pécuniaire, ma campagne de financement collaboratif m’a aussi été bénéfique médiatiquement avec de bonnes retombées presse, souligne Sarah Ourahmoune. Cela change également le regard que les gens portent sur le sport de haut niveau : beaucoup pensent que l’on gagne tous énormément d’argent, et que tout est facile. Ils découvrent notre “vraie vie”. Les donateurs sont devenus acteurs de mon aventure olympique. » Une aventure très suivie sur les réseaux sociaux, mais aussi dans les médias, et pas seulement dans la presse sportive (Madame Figaro, Grazia, Elle.fr, Huffington Post, Les Inrocks, etc.).

Bonne nouvelle : la Fédération internationale de boxe amateur (AIBA) veut accroître la présence des femmes aux Jeux olympiques et espère ajouter deux nouvelles catégories féminines au programme des JO de Tokyo en 2020. Actuellement, les boxeuses peuvent concourir dans seulement trois catégories, contre 10 pour les boxeurs.

(1) Stat Info, « Femmes et sport », septembre 2015.
(2) Extrait de « A vos baskets toutes ! Tour de France du sport au féminin » (Michalon, 2016).

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Une réflexion au sujet de « L’essor de la boxe chez les femmes »

  1. Un véritable essor pour la boxe féminine. Les résultats de nos deux brillantes représentantes devraient attirées d’autres jeunes filles. En tout cas, je l’espère de tout coeur

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